Le Yakovlev Yak-130 (code OTAN “Mitten”) est un avion d'entraînement avancé, d'attaque au sol et d'appui aérien rapproché, destiné à remplacer les vieillissant Aero L-29 et L-39.
Le prototype Yak-130D (D pour démonstrateur, réalisé en partenariat avec Aermacchi et dont la collaboration prit fin en 2000) fit son premier vol le 25 avril 1996. Il était propulsé par des Klimov RD-35M, remplacés sur les avions de série par des AI-222-25 conçus par le bureau d'étude ukrainien Ivtchenko-Progress. Leur fabrication est assurée par FGUP Salut, en Russie. La campagne d'essais se prolongea jusqu'en 2002, durant laquelle l'avion montra de bonnes qualités.
Le premier Yak-130 de série a été construit en janvier 2004 et effectua son premier vol seulement quatre mois plus tard. Il diffère considérablement du Démonstrateur. Il est plus petit et plus léger, avec une meilleure aérodynamique (la forme de nez a été entièrement redessinée) et des pylônes ont été rajoutés en bouts d'aile pour l'emport de missiles ou de conteneurs de guerre électronique. Il est équipé d'un système de contrôle numérique intégré qui permet de modifier les paramètres dynamiques de l'avion et de simuler le comportement de presque tous les avions de combat modernes : Mig-29, Su-27 ou Su-30, entre autres.
Huit points d'emports sous l'aile et un sous le fuselage permettent au Yak-130 de transporter jusqu'à 3 000 kg de charge de combat. Initialement commandé à un peu plus de cinquante exemplaires, il n'est entré finalement en service au sein de la VVS qu'en 2012. Et c'est à partir de 2017 que la Russie commença à recevoir de nouveaux appareils dotés d’une avionique modernisée afin de rendre ces avions aptes à former les futurs pilotes du Soukhoï Su-57. Le nombre de cellules neuves produites, actuellement, par Yakovlev s'élève à un peu plus de 170, dont 109 pour la Russie, sur un total exprimé d'environ 200 avions pour cette dernière. Actuellement les “Mitten” sont fabriqués uniquement à Irkoutsk par le groupe Irkout.
L'Algérie, le Bangladesh, la Biélorussie, le Laos, la Syrie, le Myanmar (ex-Birmanie) et la République socialiste du Vietnam se sont aussi portés acquéreurs de l'appareil.
 

La Maquette

 
Le plastique, de couleur grise, est plut
ôt tendre, ce qui est habituel à la marque, et se travaille très bien. Le moulage est parfait, sans bavures ni retassures, sauf sur les pylônes moulés d'un bloc. Les lignes de structures en creux sont correctes, mais manque de profondeur pour certaines ce qui nous obligera à les reprendre afin que les jus restent en place. Certains panneaux ont des rivets en relief, mais bien trop fins pour qu'ils soient visibles. Ils seront repris avec des transferts Archer. Bien que le cockpit soit bien détaillé, j'ai investi dans un set Quinta Studio pour l'habiller.
Malgré l'importance des découpes, du fait des formes complexes de l'avion, notamment pour le fuselage, le montage ne pose aucun problème, pour peu que l'on suive à la lettre la notice, les ajustages étant, par ailleurs, excellents. Il est intéressant de noter que toutes les parties mobiles sont séparées et pourront donc être positionnée à votre convenance.
Du côté des charges externes, Zvezda fournit toute la panoplie et vous pourrez en faire, à votre guise, un simple avion d’entraînement ou un véritable petit guerrier.
Les décalcomanies sont extrêmement fines et adhèrent parfaitement à la surface du modèle. Cinq décorations sont proposées : deux russes, une algérienne, une biélorusse et une myanmaraise.
 

Conclusion

Zvezda nous donne une représentation quasi parfaite de ce petit jet, qui ravira les aficionados des VVS (VKS maintenant). Le montage est très agréable, sans problème majeur d'assemblage ou d'ajustement, ni pièges. Il suffit de se laisser porter par la notice. De plus, le nombre important de pays utilisateurs permet un choix de décorations originales qui apportera un peu de variété à votre vitrine. 
 

Montage

Comme vous le verrez plus loin, la décoration choisie pour ce projet impose la présence des lignes de rivets. La maquette Zvezda en étant dépourvue, c'est par cela que j'ai commencé ce montage. Autant se débarrasser rapidement de ce travail rébarbatif. À défaut de documentation papier sur l'avion, je me suis procuré un plan trois vues sur internet (ça se trouve facilement) et muni d'un crayon graphite et d'un réglet, j'ai tracé les lignes sur les surfaces. C'est un travail relativement long compte tenu de leur nombre important qui a été étalé sur plusieurs jours pour éviter la saturation. Puis, on vient repasser par-dessus le trait, à main levée, à l'aide d'un outil à riveter. Les pièces sont ensuite légèrement poncées au papier abrasif fin pour enlever le bourrelet de plastique créé par la roulette. Les pièces “plates” sont rivetées avant collage pour plus de facilité, le reste se fera au fur et à mesure de l'avancement des assemblages :
 

Un petit travail préparatoire est aussi nécessaire dans l'habitacle puisqu'il doit être débarrassé de tous les détails en relief afin de pouvoir positionner les différentes parties du set de chez Quinta Studio. On peut ensuite passer à la peinture. Tout d'abord, une couche de H55 Gunze est vaporisée sur l'ensemble des pièces pour marquer les ombres profondes. La technique du pré-ombrage permet d'éviter une couche de vernis brillant et le travail fastidieux des jus qui s'ensuit. Un gain de temps appréciable. Puis, de façon zénithale, on applique du Blanc, en insistant particulièrement sur les zones les plus hautes et donc celles qui reçoivent le plus de lumière : 
 

La couleur de base est le Grey Dark Blue 73069 de chez Akan. Elle est appliquée en voiles fins afin de laisser transparaître le travail fait préalablement. Après avoir patiné, à sa convenance, on peut mettre en place les éléments Quinta de la même façon qu'on le ferait avec des décalcomanies. La seule différence étant que le collage doit être renforcé à la colle PVA ou à l'Ultra Glue de chez Ammo-Mig. Il convient de ne pas utiliser de produits assouplissants et de les protéger avec un vernis brillant dans le cas où on désirerait les retravailler aux huiles (jus, brybrush, etc.) :
 

La mise en place de l'habitacle dans la partie avant du fuselage ne pose aucun problème et les différents ajustages sont parfaits. On peut donc continuer tranquillement le rivetage sur ce premier sous-ensemble. J'ai aussi refait les vis “quart de tour” sur les grands panneaux et mis quelques rivets en relief sur d'autres. Des décalcomanies Archer ont été mis à contribution pour les représenter. Afin de les protéger des manipulations à venir, ils sont recouverts d'une couche de Klir passé au pinceau. Les vis “quart de tour” représentées par le fabricant sont accentuées à l'aide d'un perloir :
 

Pour des raisons de facilité de manipulations de la maquette, je n'ai pas suivi la notice qui préconise de coller le train avant à ce moment-là.
Le deuxième sous-ensemble concerne l'intérieur de la zone centrale de l'avion. Il se compose d'un nombre conséquent de pièces et forme les entrées d'air, les puits du train principal, la baie de l'aérofrein et les conduits arrière des réacteurs. Ici aussi, il suffit de suivre la notice (sauf pour l'installation des trains principaux qui se fera plus tard) et tout se passe à merveille. Je n'ai pas détaillé davantage les puits (les trappes étant fermées, il n'en restera rien de visible). Ils sont peints en Blanc et AK-40, en suivant comme référence les quelques photos trouvées sur le web. Les détails sont Gris Foncé et un jus Noir permet de donner du relief à l'ensemble :


Le logement de l'aérofrein est, quant à lui, suffisamment bien fourni pour que l'on puisse se passer d'un travail supplémentaire et une simple mise en peinture suffira à lui donner plus de réalisme. Il est, lui aussi, blanc et les détails sont ici surlignés avec un jus Gris Neutre. Les inscriptions sur les protections de câbles bleus ont été imprimées sur une feuille de décalcomanie vierge, Zvezda et Begemot ne les fournissant pas :
 

On peut ensuite assembler les différents morceaux et terminer la séance de rivetage. La quantité importante de pièces et découpes, façon puzzle, peut paraître inquiétante, au premier abord, mais tout s'ajuste à la perfection et quasiment pas de mastic a été utilisé. Zvezda maîtrise vraiment bien son sujet. Le rivetage sur les parties bombées n'est pas encore fait. On le complétera une fois l'assemblage final effectué.
Le trou béant sous la dérive est la sortie de l'APU (Auxiliary Power Unit) :
 

Petite parenthèse concernant la décoration. Point de camouflage guerrier ici, mais plutôt la tenue des vols d'essais. L'avion que j'ai représenté est le troisième appareil de présérie “04 Bleu”, codé 133, en 2009.
C'est le troisième avion de présérie produit a l'usine de Nizhniy Novgorod. Le chiffre 133, à l'arrière du fuselage, signifie “avion 130 3”, le 04 sur le nez étant l'immatriculation tactique du centre d’évaluation des VVS à la base d'Akhtuba sur les rives de la Volga.
Il était entièrement “Gris-Jaune Citron” AK-40, un primaire aéronautique employé en Russie depuis les années 1950, dont la référence chez Akan est 63015. Il fut utilisé intensivement durant la campagne de tests et était particulièrement usé, l'usure suivant les lignes de rivets, d'où mon obligation de les représenter.
La première opération consiste à recouvrir complètement la maquette de Super Iron 2 SM203 de chez Mr Color, en guise d'apprêt et en prévision des éraillures à venir. C'est une laque acrylique dont la dilution se fait au Mr Color Thinner. Une fois sec, les endroits devant être éraillés sont recouverts de Mr Masking Neo, appliqué au pinceau pour plus de précision :


Cette couleur est ensuite contrastée avec différentes couleurs plus foncées qui serviront de base à l'AK-40. Le centre des zones formées par les lignes de rivets sont modulées avec un mélange de Light Brown H321 et Dark Grey H401. Sur d'autres (notamment celles de chaque côté du logement de l'aérofrein), c'est un mélange plus foncé qui a été utilisé (H401 plus H84 Acajou) :
 


L'apprêt AK-40, dont est recouvert l'avion, est utilisé pour la protection des pièces en aluminium, magnésium et titane, ainsi que celles en acier inoxydable et en acier au carbone. Il possède une résistance élevée aux intempéries et aux produits pétroliers. Sa durée de vie est d'environ 5 ans.
Il est pulvérisé en fine couche afin de garder une certaine transparence pour faire apparaître le travail effectué en amont. Les peintures Akan série 6xxxx sont aussi des laques acryliques et sont donc diluées avec le diluant précédemment utilisé.
Contrairement au cône de nez, le panneau diélectrique au sommet de la dérive n'est pas peint. Il est fabriqué en panneaux de plastique composite brun-rouge, type Guetinax :


La légère modulation de cette dernière, qui s'ensuit, va permettre de donner du volume aux formes de l'avion et de le préparer à la patine. Elle est réalisée par endroits (aile, apex, dérive) avec une couleur sombre, ici du Violet (mélange de Rouge et de Bleu translucide) et une couleur claire (Dead Flesh de chez Abteilung) :


Zvezda ne proposant pas cette décoration, j'ai utilisé les planches de décalcomanies de chez Begemot (réf : 48052). Elles sont très complètes (tous les stencils sont présents), avec des motifs d'une très grande finesse et dont la mise en place ne pose aucun souci (de quoi réconcilier les plus récalcitrants, dont je fais partie, avec ce genre de matériel). Les décalcomanies sont appliquées sur une surface mouillée avec le très classique MicroSet de Microscale puis l'accroche est sécurisée avec du Decal Fix de chez Ammo-Mig. Ce produit est très efficace, mais relativement agressif avec la peinture. Il est à utiliser avec parcimonie.


Après avoir protégé la maquette avec une couche de vernis brillant (ALC600 de chez Ammo-Mig), un jus Violet est appliqué par capillarité dans la gravure. L'huile est diluée au white-spirit, plus gras que l'Essence F et donc moins volatile. Cela permet de pouvoir traiter d'un coup toute la maquette sans risque de séchage intempestif :


On augmente ensuite la dilution, pour qu'il soit plus discret, et on l'applique sur les lignes de rivets. Une fois le diluant évaporé, les débordements sont essuyés avec un chiffon non pelucheux et sec. Et on termine cette étape en pulvérisant des voiles de vernis mat afin de faciliter le travail aux huiles qui va suivre :


La patine, à proprement parler, commence par l'application de filtres sur les zones les plus sales et celles soumises à une forte usure. À l'intrados, ce sont celles juste après les trappes du train d'atterrissage principal qui sont concernées. Un glacis à l'huile Bitume est appliqué au pinceau à poils souples, afin de donner un aspect graisseux aux surfaces. Avant l'application, la brosse est tout d'abord déchargée sur un papier absorbant pour ne pas saturer la couleur. Tout comme pour la peinture, il vaut mieux plusieurs couches fines qu'une seule épaisse :
 

Les salissures sont ensuite accentuées en déposant des pointes d'huile qui seront fondues à l'aide d'un pinceau légèrement imbibé de diluant, ici du white-spirit. On traitera ainsi plusieurs panneaux différents afin d'amener un peu de variété chromatique. Les surfaces traitées précédemment sont modulées avec des huiles Sépia et Starship Filth. Des pointes d'huile sont déposées le long des gravures et fondues entre elles avec un pinceau légèrement imbibé de diluant :
 

Avant séchage complet, le centre des panneaux est ensuite repris avec des pointes d'huiles Buff et Dead Flesk, fondues ici aussi entre elles :


Enfin, les lignes de rivets en relief sont mises en valeur par un très classique drybrush d’un mélange de Blanc et d'un peu de Jaune. Le pinceau est trempé dans la peinture et essuyé longuement sur un chiffon afin qu'il ne reste que très peu de pigments et que seuls les reliefs soient marqués :
 

Quelques traces de coulure sont réalisées à l'aérographe sur le ventre. Elles ne sont pas nombreuses et il convient de rester sobre. Elles sont faites à l'aérographe et au Brown Violet RLM81 (Gunze H421) :
 

À l'extrados, le process est identique à celui appliqué à l'intrados. Du fait d'une usure et de salissures beaucoup plus importantes, dues aux nombreuses manipulations des techniciens, une plus grande variété de filtres a été utilisée qui recouvrent quasiment toute la cellule.
Les lignes de structure de l'aile, et seulement celles-là, sont accentuées avec du H421 grandement dilué à l'alcool et pulvérisé à l'aérographe. La pression d'air est basse, inférieure à 0,5 bar, et la buse est très proche de la surface, environ 2 cm, afin d'avoir un trait très fin :
 

Afin de ne pas tomber dans la monotonie, quatre filtres différents ont été utilisés. Deux dans des tons Marron (Bitume et Raw Umber) utilisés sur la moitié arrière de l'avion, un dans les tons grisâtres (Starship Filth) utilisé autour des zones grandement éraillées, enfin un Jaune très pâle (Dead Flesh) sur le dessus du fuselage, de façon zénithale. 
Seule les pointes en Gris avant et arrière ont été épargnées :
 

Les panneaux sont ensuite repris avec des pointes de peinture à l'huile, de la même façon qu'en dessous Les panneaux sur lesquels les différents filtres ont été appliqués sont modulés au Sépia et Buff pour ceux filtrés dans les tons Marron et au Starship Filth et Dead Flesh pour les autres :


Zvezda en donne une représentation parfaite et seule la mise en place des tubulures va nous occuper quelques heures, du fait de leur important nombre. Elles sont faites majoritairement en fil d'étain de différents diamètres (0,23 et 0,32 mm) collé à la colle cyanoacrylate avant peinture, cette dernière ne résistant pas aux différentes manipulations. Je n'ai pas utilisé les roues fournies par le fabricant, car le magasin russe (Armata-Models), auquel j'ai acheté la maquette, agrémente les boites de “goodies” de leur propre fabrication. On a donc cette fois, trois roues en résine, de fort belle facture et prête à passer en peinture sans travail préliminaire. Les jambes de train sont peintes en Gris Akan 83028. Cette fois-ci, c'est une base énamel dont la dilution se fait au diluant de la marque (référence 84000). Les jantes des roues sont traditionnellement Vert Akan 73060, la série 7xxxx se diluant à l'alcool :
 

Malgré sa petite taille, le Yak-130 peut emporter un nombre de charges externes assez impressionnant : pod de guidage Platan, missiles air-air et air-sol, bombes de 50, 250 kg, pods roquettes, une nacelle canon en point ventral. Mais par goûts personnels (et flemme, aussi), j'agrémente rarement mes modèles d'armement et préfère laisser les pylônes vides. Je me contente juste d'installer les réservoirs supplémentaires. Ici aussi, Zvezda a bien travaillé et on peut passer directement à la mise en couleur. Seuls les cordons de soudure des bidons mériteraient d'être refaits, car ils ne sont quasiment plus visibles après peinture.
Enfin, et heureuse surprise, un jeu de caches FOD est présent sur les grappes, choses assez rare pour être soulignée. Ils apporteront quelques touches de couleurs supplémentaires bienvenues qui trancheront sur cette robe unie. Les pylônes et les réservoirs sont du même Gris, celui utilisé sur les Yak-130 peints en deux tons de Gris. J'ai, ici, aussi, utilisé une référence Akan (73172). La patine est très légère : un jus Gris Foncé dans la gravure et un drybrush Gris Ciel (Vallejo 989) sur les arêtes :